Les carrières du Mesnil

Dallemagne-Giroux

Précédant la présence militaire, la carrière dite de Saint-Segond écrites également Saint-Second est ouverte autour de 1841-1842 elle est exploitée par Dallemagne et Giroux (Victor) et ensuite par Thomas et Gerard (1878) puis utilisée plus tard par Antoine Manceau pour la culture du champignon. La portion toute proche occupée actuellement par un maraîcher est l'ancienne carrière Brochard ouverte en 1874 et continuée plus tard par Caby (1874), Perchet (1877) et utilisée par Millier (1884) pour la culture du champignon puis Gicquel (1910), Dutorte et enfin par les Champignonnières Parisiennes (1930) dans la presque totalité de la carrière.

Le dernier propriétaire de ces vides n'est autre que Mr Dutortre, cultivateur reconnu, qui utilise ces galeries à des fins de stockage. La famille Dutorte est installée depuis des années à Carrières-sous-Bois, celle-ci est liée à la famille Laurent, (que nous verrons plus bas) dont Jean Baptiste qui est le père de Baptiste Dutorte (1851).

Le cas de l'OTAN

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l'OTAN ou NATO (en anglais) est crée en 1949 afin de mettre en place une alliance militaire défensive contre toute attaque de l'un de ses pays membres. Cette alliance se traduit par une force de frappe que l'on appelle le SHAPE dont le commandant en chef est le SACEUR représenté alors à cette époque par le général Eisenhower.

La France est choisie pour accueillir le siège du SHAPE, d'abord à Paris, puis délocalisé en 1951 à Louveciennes (quartier de Villevert), sur le site de Voluceau à Rocquencourt (actuel INRIA) et à Saint-Germain-en-Laye (quartier d'Hennemont) pour caser tout le personnel militaire étranger.

L'année suivante, en 1952, le SHAPE décide d'installer également une base militaire souterraine pouvant accueillir un millier de militaires et réquisitionne pour se faire une ancienne carrière située idéalement à proximité à Saint-Germain-en-Laye.

La France quitte finalement l'OTAN en 1967, le SHAPE déménage alors vers son nouveau siège à Mons en Belgique.

L'armée allemande avait précédemment réquisitionnée cette carrière pendant la Seconde Guerre Mondiale et avait aménagée quelques consolidations, mais le site n'a jamais été choisi au final. Au départ du SHAPE, l'armée française qui n'avait pas l'utilité de ce site, puisque la base de Taverny avait déjà été sélectionnée, fût finalement vendu.

Aujourd'hui de cette époque il ne reste plus que des préfabriqués en ruines et en train de moisir installés entre les piliers au centre de la carrière, seul le système de transmission pneumatique par tuyaux est encore visible et intéressant. Les principales voies ont été cimentées, le ciel boulonné, des places de stationnement ont été marquées, et un imposant dispositif de sortie avec un escalier en béton reliait le fond à la surface.

Notes L'entrée dans la base militaire est marquée par une route cimentée, un ciel boulonné, de quelques places de stationnement, d'indications et à quelques endroits de murs anti-souffle. Plus loin dans la carrière les anciennes consolidations et piliers en pierres sèches sont biens reconnaissables (par quelle armée ?).

Également bien visible dés l'entrée, les insignes gravées dans la roche sont ceux de la 45ème Compagnie de Quartier Général de Transmissions et du 2eme régiment du Génie marquant leur passage.

Notes Les galeries nommées par les carriers, inscrites sur les plans et également sur les parois ont gardé leurs noms, elles ont sans doute été reprises par l'armée. Citons également rue de la Limite, rue Gaston, rue Eugénie, rue du Bois, rue Victor, rue Fould, rue Giroux, rue Mercier.

Il ne reste quasiment rien de la culture de champignons dans cette partie, excepté un carré de meules.

Notes Tout le système de transmissions d'un bureau à un autre était effectué par pneumatiques et installé par la SFTP sise à Levallois. Un tube appelé cartouche contenait le message à délivrer. Il était introduit dans le tube et était aspiré pour être envoyé à destination du correspondant. Tout un réseau de tubes tapissait les installations dans le faux plafond, des interconnexions étaient installées afin d'établir toutes les correspondances. Le tube arrivait dans ces appareils servant de boites à lettres en quelque sorte. Ce système était notamment installé dans les bibliothèques ou les services qui nécessitaient de nombreux échanges d'informations.

Notes Ici une inscription du Royal Sussex Regiment en Octobre 1966, juste avant qu'il soit fusionné avec le Royal Surrey Régiment de la Reine en Décembre 1966, et peu de temps avant que la France décida de quitter l'OTAN.

Notes Ici et là quelques installations sont visibles, aujourd'hui en décomposition, le reste de l'infirmerie se traduit par ses quelques aiguilles à même le sol, un panneau indique toujours les latrines chimiques quand les autres indiquent surtout les directions des différents blocs sous le "Headquarter Command".

Notes Quelques panneaux en bois qui n'ont pas encore trop pourris et qui sont encore lisibles.

Notes A plusieurs endroits bien précis, des murs anti-souffle ont été installés, ils sont composés de loges remplis de blocs de silex, censés arrêter la progression de la déflagration. Ils sont placés à l'entrée de la base souterraine.

Notes Tout un réseau de canalisations courre dans la carrière, entre l'eau potable, la ventilation, le transport de fluides et la sécurité incendie.

Notes Voici le grand escalier au fond du PC remontant en surface dans un bunker, aujourd'hui partiellement enterré. Il semble que cet escalier fût construit à l'emplacement d'un ancien puits d'extraction. La hauteur atteint 25,8m, c'est un presque "carré" de 3,45m de largeur sur 4,25m de longueur. Il débouche sur une série de couloirs lourdement fermée de portes blindées et remonte en pente douce vers l'ancienne sortie.

Notes Dans ce secteur il y a malgré tout encore quelques inscriptions datant de différentes époques, une première rose des vents, pas la plus belle, mais pas la plus moche non plus (nous en avons vu 3 ou 4 au total), quelques dessins représentant des personnes et plus loin une inscription indique larc de trihomfe sur une masse en pied. Mais l'inscription la plus intéressante est celle célébrant l'alliance franco-russe en Russie en 1891, à Kronstadt, lorsque la flotte de l'amiral Alfred Gervais y fût accueillie par Alexandre III, puis en 1893 à Toulon, lorsque la flotte russe accosta en retour.

Le dessin représente une ribambelle de drapeaux comme on peut le voir ici.

C'était une autre époque que celle que nous connaissons aujourd'hui.

Notes
  • Dallemagne est l'un des principaux exploitants carriers de la carrière Saint-Segond, avec Giroux et ensuite par Thomas et Gerard
  • Paul Violet, il est champignonniste en 1873
  • Les deux suivantes concernent des carriers : Claessen et Gerard puis celle de Grenet.

Notes Voici un aspect des galeries de ce secteur avec un beau front de taille, la largeur est de 5,2m sur 4,7m de hauteur en moyenne. Ce qui est frappant est la linéarité du ciel et l'homogénéité des bancs.

Notes Si pendant un temps quelques véhicules militaires ont été stationnés ici ils n'ont jamais fait partie de l'arsenal du SHAPE, mais plutôt celui d'un simple collectionneur. Aujourd'hui ils ont tous été enlevés à force de dégradations.

Laurent, Poilpré et Frojer, Planté

Description

Les champignonnières les plus importantes étaient situées dans les carrières les plus anciennes et dont les vides avaient été intégralement transformés et aménagés. On ne peut que se doutait que la production devait être intensive en parcourant les nombreuses galeries dédiées à la culture du précieux champignon de paris. Il reste aujourd'hui un grand nombre d'inscriptions sur ces parois (quand elles n'ont pas été complètement chaulées) ainsi que les différents modes de cultures pratiquement tous visibles : meules, anciennes cagettes en bois (enfin écrasées et pourries), et sacs plastiques.

Une grande partie de ces vides étaient encore en état et bien disposés, quand une seconde partie était soit totalement vide ou alors totalement en pagaille et a servi et sert toujours, de grand dépotoir à sacs de culture : des montagnes de sacs comme on en a jamais vu autant !

Ces carrières ont été les premières ouvertes, on en distingue parfaitement le style, d'abord exploitées en galeries filantes, elles rappellent alors d'autres carrières en périphérie de Saint-Germain-en Laye, mais les hauteurs pratiquées et les fissures présentes en bordure du coteau provoquent trop d'effondrements. De ces zones il ne reste plus que quelques galeries aujourd'hui encore visibles, le reste a été repris à ciel ouvert. Par la suite la généralisation des méthodes d'extraction, l'adoption des piliers tournés et surtout des inspections des ingénieurs des mines permettent enfin une exploitation rationnelle et sure.

Cet ensemble, aujourd'hui totalement relié, ne l'était pas auparavant et de grandes portions de masse avaient été laissées afin de cloisonner l'espace de chacun. On peut voir qu'il reste d'ailleurs encore beaucoup de front a ré-exploiter.

Alors que la pierre était exportée par voie fluviale par un port dédié, le fumier arrivait lui aussi par bateau des écuries de Paris puis de celles des courses de Maisons-Lafitte.

Darlington

Somycel

D'abord faites en meules, qui nécessitait beaucoup de personnel et une grande manutention, la culture s'effectuait en caisses en bois, mais celles-ci avaient l'inconvénient de s'abîmer dans le temps avec l'humidité, elle furent remplacées finalement par des sacs en plastiques, qui avaient l'avantage d'être facilement interchangeables et durable dans le temps.

La production de champignons étant tellement importante, qu'elle impliqua la création d'une conserverie Somycel (1961-1982) qui mettait en boites les champignons. Elle était située à l'emplacement de l'actuel "Jardins du Mesnil", rue Maurice Berteaux. Outre Somycel ou Le Lion plus connu en France, la Société anglaise Darlington & Sons (Worthing, Sussex) fournissait également des blancs.

Voici quelques unes des champignonnières :

Lièvre & Ziorjen

La société formée par Monsieur Robert Jules Camille Lievre et Monsieur Auguste Samuel Ziojen, tous deux demeurant à Armentières ont formé en 1927 une societé appelée simplement "Lièvre & Ziorjen" pour la culture de champignons.

Elle était implantée dans la carrière du Buisson-Richard.

Les Champignonnières Parisiennes

Les Champignonnières Parisiennes

La société à responsabilité limitée "Les Champignonnières Parisiennes" fut constituée le 19 Mars 1930 à Bordeaux, elle était dirigée par Pierre Guiochon-Palhardy (Le Mesnil-le-Roi) et de Roger Maurin (Bordeaux)

Somycel développait ses blanc de champignons à partir du procédé de Guiochon.

Elle était implantée dans la carrière du Champ-Fleuri.

Les Champignonnières de l'Ile-de-France

Cette societé à été constituée en Novembre 1937 par Monsieur Paul Dupont, champignonniste, et Monsieur Gaston Edgard Henri Milleville, banquier sous la dénomination "Les Champignonnières de l'Ile-de-France. A partir de 1940, un nouvel associé, Monsieur Marcel Maurice Georges Adam fut entré dans la société.

Entre 1944 et 1950 Monsieur Millerville, Adam et Dupont démissionnèrent et furent remplacés par Monsieur Casimir Spinelli nommé gérant et Monsieur Angel Nicoli tous deux champignonnistes demeurant respectivement à Montesson et Carrières-sur-Seine. La société fut alors renommée en 1952 "Societé Civile Agricole des Champignonnières de l'Ile-de-France".

Elle était implantée dans la carrière du Buisson-Richard.

Bougrier & Cie

La société fut crée en Janvier 1935 sous la dénomination "Bougrier & Cie" en fournissant de l'engrais et des fumiers pour la culture de champignons. Elle était gérée par Emile Bougrier, Suzanne Bougrier (sa femme) et Monsieur Jacques Bougrier (son fils). Préalablement à cette demande, Monsieur Emile Bougrier était commerçant de profession et également propriétaire d'une carrière dans les années 1924 au lieu dit le Buisson Richard et exploitait par ailleurs une champignonnière en 1926.

Emile (Marcel Leopold) Bougrier est né le 1er Mai 1895 à Saint-Branchs (37) et décédé le 27 Aout 1979 à Rambouillet (78) à l'âge de 84 ans.

A partir de 1948, la société fut reprise intégralement par Monsieur Angel Nicoli et Casimir Spinelli sous la dénomination "Les Successeurs de Bougrier & Cie".

Notes Même si certaines galeries sont aujourd'hui vides, elles gardent sur leur murs quelques inscriptions d'une activité de champignonnière assez ancienne.

Notes Quelques noms de caves et rues plus "modernes", mais il y en a pleins d'autres, qu'il est difficile de choisir, citons également, la cave Nouméa, la cave Bonaparte, la cave des martyrs, la cave des malheureux...

Notes Le ciel et les parois sont constellés de signatures et de messages consignés ici soient par des carriers soient par des champignonnistes, en voici certains :

  • Isidore Felix Teinturier, né en 1832, il est carrier. Il a signé plus loin, (Cf: Seconde photo) en mettant sa date de naissance complète cette fois-ci. Il a 27 ans lors de sa signature.
  • Poilpré, sans prénom, mais il doit s'agir de Louis Poilpré, né en 1853, il est d'abord champignonniste pendant 10 ans avant d'être carrier durant la même période.
  • Laurent Charles Novembre 1840, il est né en 1820, il est carrier. La famille Laurent est l'une des plus importantes familles de carriers, on retrouve encore de nombreuses signatures.
  • Beldon Eugène le 20 Mars 1846, il est carrier, il a signé à plusieurs endroits dans toute la carrière, à moins qu'il y ait eu plusieurs Eugène.
  • Jean Baptiste Laurent 1820, il est carrier, il signe avec style ses trois premières lettres en une seule.
  • Il est écrit : Petitpas Eugène soldat au 20e Bon chasseur à pied 1895. Il est né en 1867 à Beauchamps, il est champignonniste pendant près de 25 ans.
  • Enfin ici il est inscrit : Fernand Etienne né en 1893 classe 1913 partie à Oran avec 2èmeZouaves et le Maroc, blessé 2 fois et 9 fevrier revenue en 1919 avec une bonne quitte fait en 1925.

Notes La famille Vedovatti est sans doute celle qui a le plus signée dans cette carrière ! On en voit régulièrement, soit de Segundo Vedovati (né en 1926) soit de Nicolli Vedovatti (né en 1927) ils viennent tous d'Albino en Italie. Cette ville est le fief de tous les champignonnistes italiens.

Notes Le communisme semblait être bien ancré dans la tête de certaines personnes !

Sur l'une des parois, on peut lire l'inscription "Extraction par la machine P Gay". Il s'agit de Paulin Gay, ingénieur belge qui perfectionna le principe du sciage de la pierre à l'aide d'un fil hélicoïdal. Ce type de découpe est plutôt utilisé dans les carrières à ciel ouvert notamment dans les carrières de marbre. Le fait qu'il fût utilisé ici, sur une très petite zone, montre que cette machine n'était sans doute pas adapté pour cette pierre et à la configuration du lieu.

Notes Outre les signatures, quelques dessins et même sculptures sont à observer.

Notes Dans un coin reculé se trouve deux canons allemands de type 77mm modèle FK96 construits par Krupp, qui sont venus s'échouer ici sans doute en voulant les dissimuler, malheureusement avec le temps, le ciel les a camouflés autrement. Napoléon les surveille au ciel. A côté on retrouve une autre signature de Charles Laurent datée de 1838 qui semble être l'auteur du dessin.

Un peu plus loin, mais pas trop, un autre dessin rappelle Napoléon avec son chapeau porté en "bataille", il semble être l'oeuvre d'Antoine Compastié, né en 1858, il est d'abord carrier pendant une dizaine d'années avant de finir sa carrière en champignonniste pendant plus de 30 ans.

Le cénotaphe

Ah voici bien un mystère dont il serait appréciable de connaitre sa finalité. Dans une galerie, bien cachée parmi tous les sacs de culture, se trouve cette sculpture représentant à priori un cénotaphe et édifié en 1837 comme le stipule les chiffres romains présents. Il est édifié précisément par Jean-Etienne Oeuf-de-la-Loubière, directeur de l'institution Sainte-Eugénie à Paris. Il est récompensé pour avoir porté secours aux combattants blessés et victimes des journées des 27, 28 et 29 Juillet 1830. Il fait partie de l'état Major du général Lafayette.

Ce cénotaphe fait penser au style franc-maçonnique (peut être issu du REAA) il est en deux parties : un premier cartouche (1,4mX1,2m) représente le mémorial et l'autre (1,08mX0,88cm) est une prière. Ce mémorial est en l'hommage à sa femme (Miss Eugénia) et également à ses deux enfants qu'il perdra en 1835. Ils sont représentés chacun d'un côté du cartouche, pleurant, mais n'étant pas identiques. Il est surmonté au dessus de l'inscription de l'oeil de la Providence qui rappelle l'oeil de Dieu sous lequel est placé la surveillance de ce cénotaphe.

L'inscription représentant une prière à sa gauche est écrite en hébreu où Dieu parle à Job qui se plaint de ses souffrances et se traduirait par : "Où étais-tu quand j’ai créé la Terre ? Dis si tu connaissais la sagesse." Cette seconde inscription est signée de l'Abbé Aubry de Saint-Quirin faite en Novembre de la même année, en 1837. Il est alors le chef d'institution à Saint-Germain-en-Laye. Sans doute que cette représentation religieuse a été reconnue et autorisée par l'église. Plus loin, il a signé de son prénom (masculin) Cécile Aubry.

Notre première réaction et question est sans nul doute la plus importante : que vient faire cette représentation ici, au beau milieu de nulle part et qui plus est sous terre en plein milieu d'une carrière ? Quelle est la relation entre les deux cartouches ? Qui a réellement réalisé cette oeuvre ? Est-ce bien un cénotaphe et non pas un mausolée ?

Le perçage Bougrier

Le "perçage Bougrier" est la jonction de deux carrières (Dallemagne) et (Laurent) par une galerie de liaison de 53m (4,19m de largeur sur 3,89m de hauteur), il est effectué entre Juin 1924 et Mai 1925 comme le signale le cartouche dédié. C'est Emile Bougrier qui en est le commanditaire puisqu'il est propriétaire à ce moment là, de la champignonnière, il fait alors appel comme c'est écrit à Napoléon Vossaert, Antony Arnoult, Robert Porquiet et Emilien Daubisse qui travaillent pour lui. On retrouve plus loin leurs signatures ainsi que le tracé de distance au ciel.

La rose des vents ainsi que le report du tracé indique (le centre) de la galerie à creuser, elle est faites depuis la partie champignonnière vers la carrière Dallemagne.

En surface cette jonction passe sous la forêt de Saint-Germain-en-Laye.

Notes Vossaert Napoléon est né le 03 Fevrier 1870 à Saint-Maximin (60) habite rue de Cheverrures au Mesnil-le-Roi. Il est marié avec Marie Fouqué le 28 Septembre 1895 à Mery-sur-Oise avec qui il aura deux filles : Violette Louise Vossaert (1897-1960) et Renée Cécile Vossaert (1903-1985). Il décède le 29 Mai 1935 à l'âge de 65 ans. Il passe sa vie en tant que champignonniste pendant une quinzaine d'années au Mesnil.

Notes Dans cette partie quelques installations sont typiques des champignonnières : cuves à fioul, tracteurs, paniers, bassins, citernes, chambres de pasteurisation, chaudière et cage de transport...Cette chaudière en particulier est un modèle (N°150) américain de la societé Mcdonnell & Miller, basé à Chicago

Notes Comme je le disais, quand les vides n'ont pas été utilisés par les champignonnières (ce qui est assez rare, en fait !) ou qu'ils ont été nettoyés (ils sont malgré tout bariolés de chaux) on peut voir quelques beaux front de taille et y voir les cinq bancs en exploitation et par chance quelques blocs qui n'ont jamais été sortis.

La masse de 8m est exploitée par des galeries de 4,5m/5m de hauteur en général, mais parfois plus, et sur 5m de largeur.

On peut lire :

  • Sur cette avant dernière photo : AVIS : Tout carriers entrants dans la chambre avec des souliers ou pantalons neuf doivent payer 2 litres - Vu et approuvé - Poilpré
  • Sur cette dernière signature de Guyard, il est indiqué en dessous au crayon : écorcheur de pierres.

Notes Ces recoins de carrière, au plus près du coteau sont les plus vieux, certaines dates inscrites au ciel témoignent encore et heureusement de leur ancienneté. Ils n'existent plus d'archives traitant de ces carrières à notre époque, on peut estimer qu'elles se sont enfoncées souterrainement au début du 18ème siècle. Elles ont par contre été exploitées par les frères Laurent au milieu du 19ème siècle et utilisées par la famille Manceau comme champignonnière. Aussi, à cet endroit précis, le banc est plus fragilisé par des fractures et ont été consolidés par des piliers de renforts, afin de supporter les habitations se trouvant en surface.

Bien caché un escalier a même été installé et relie à cet endroit la carrière directement dans le jardin d'un particulier, c'est ce que l'on appelle avoir un accès privilégié !

Cette instabilité était déjà présente, quand les allemands étaient venus inspecter la carrière puisqu'ils avaient marqués les endroits sensibles et fragiles.

Notes Ici à l'entrée de la carrière on peut déjà lire la signature de Georges Porquiet (1941), il est champignonniste et né en 1927. Cette zone de carrière dessert l'exploitation pratiquées par Poilpré et Frojer.

On retrouve quelques noms connus ici et là : Napoléon (Vossaert) 1907, Emile Milliert 1903 (il est né en 1874, il est champignonniste), Corbière Arthur 1923 (il est né en 1895, il est champignonniste) et au centre un parfait inconnu, peut être un visiteur : Alphonse Chenelle.

Notes Ici une ancienne culture en meules, plutôt bien conservée.

Notes Ce symbole de poissons entrelacés que l'on peut observer "assez régulièrement" dans les carrières est celui de la Sainte Trinité, il représente Dieu selon trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, c'est aussi le signe de prière qui est fait pour les honorer.

Selon wikipédia : Pour la théologie chrétienne, ces trois personnes, ou hypostases, constituent le Dieu unique (une essence ou substance unique) sous forme de Trinité. Les trois personnes sont interdépendantes, en relation permanente depuis toute éternité à travers une relation appelée périchorèse. La périchorèse ou circumincession est la relation entre chaque personne du Dieu trinitaire chrétien (Père, Fils et Saint-Esprit). Cette relation est une union consubstantielle (les trois personnes ne forment qu'une seule substance) dans un mouvement incessant d’amour par lequel le Père engendre le Fils dans l’Esprit.

L'image du poisson dans l'iconographie religieuse provient de l'acronyme Ichthus qui en grec signifie, Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur.

Ce premier dessin (non signé) de 1856 est une petite esquisse, mais beaucoup plus loin à deux ans d'intervalle celui-ci est réalisé par Foucard, Eugène Poutot et Léon Robert ou Guibert dans une splendeur et une grandeur que le visiteur découvre avec stupeur. C'est magnifique, même encore aujourd'hui. Seul Eugène Poutot (né en 1831) a été retrouvé.

Notes Et ici des sacs de culture en plastiques à perte de vue.

Notes Sur l'une des parois il est indiqué : Attention ne buvez pas de l'eau de la grotte, poison danger formel.

Une quinzaine de puits parsème les vides souterrains, dont le recouvrement varie entre 15m et 25m environ.

Arnoult

Arnoult

Cet ensemble de carrière est la réunion de deux carrières exploitées dans le temps par plusieurs propriétaires, dont la première semble avoir été ouverte aux alentours de 1847 par Mr Croiseau (Alexis Marie) puis reprise un an plus tard par Mr Guinard (Prosper).

Plus au Nord, la seconde carrière est ouverte par Mr Arnoult (Eugène Emile) en 1867, marchand carrier habitant à Houilles.

La carrière a servie par la suite de champignonnière, mais il est difficile de savoir par qui, sans doute Mr Caby, qui l'a exploitée pendant une courte durée.

La carrière a été plus connue par la suite sous l'appellation carrière à Mathieu.

La hauteur des galeries atteint les 2m de hauteur parfois presque les 3m (sans le remblai) sur 3m à 4m de largeur, la masse est plus faible à cet endroit, l'étendue des vides ne s'enfonce pas suffisamment pour atteindre toute la puissance du banc calcaire.

Notes La partie sud est la plus développée, c'est ici que la champignonnière est la plus grande, elle est organisée en caves cimentées dont il ne reste plus aucun vestige hormis un chaulage total des caves. Seule la préparation des cultures dont une machine pour préparer le fumier et une chambre de pasteurisation sont encore bien visibles et intéressants.

Il y a un grand nombre de pièces et recoins dont on ignorent leur utilité.

Notes Quelques parties sont fortement consolidées, car le terrain en extérieur est très urbanisé aujourd'hui.

Cela dit une majorité de piliers et poutres métalliques ont été installée par les agents de RTE afin de venir contrôler la ligne électrique qui passe au milieu de la carrière. Arrivant depuis le sol elle ne fait qu'emprunter un court passage dans la carrière avant de repartir dans un mur. Cette ligne haute tension de 225 000 volts est la plus longue section à passer souterrainement (21 kilomètres).

Notes Cette triple arche est l'unique jonction entre les deux carrières.

Notes Côté nord, la carrière a été très peu exploitée, les galeries de circulation sont bien reconnaissables mais les chambres sont mal organisées et les piliers de dimensions variables et anarchiques.

Dans cette partie il reste une champignonnière bien visible en bacs en bois, bien qu'assez dégradée par le temps. Un panneau nous indique que trois volées étaient faites avant la désinfection totale de la cave.

D'une manière générale l'ensemble des installations témoignent malgré tout d'une champignonnière ancienne.

Notes Aucun nom ou signature n'a pu être retrouvé dans l'ensemble de la carrière, elles ont disparues sous le chaulage