Les bonneteries de Troyes

Doré Doré

L'histoire avec un double D

En 1819 la maison Doré est fondée sous l'impulsion de monsieur Jean Baptiste Doré qui propose aux artisans-bonnetiers de sa commune de regrouper leurs achats de matières premières (le fil de coton et laine) et de matériels (métiers) et de s'occuper de leurs ventes d'articles finis (bonnets et bas). A partir de 1862, la marque Doré Doré est crée, elle est l'association de Laurent Doré (frère et successeur de Jean Baptiste) et d'Elie Doré qui dirigera la société jusqu'en 1881, date à laquelle la marque DD est déposée. Les bonnetiers de la commune sont alors peu à peu centralisés, et quand aux autres ils sont organisés en réseaux d'ateliers dans les villes avoisinantes.

DD construit sa réputation de fil en aiguille en gagnant la médaille d'or à l'Exposition Universelle de 1867 puis la médaille d'or à l'exposition de Troyes en 1883.

En 1908 à l'arrivée d'André Doré (petit fils d'Elie), qui remplace "Saint Ange", on compte 1000 ouvriers. Afin de fidéliser ses ouvriers et de les inciter à rester au plus près de l'usine, la société entreprend la réalisation de plusieurs actions sociales : la construction de logements, de magasins de première nécessité (une épicerie, un restaurant) l'accès à l'instruction (cours), à la santé (dispensaire), aux loisirs (foyer social), aux transports (mise à disposition d'autocars). "Là se réalise le rêve suprême du paternalisme : le temps de travail comme le temps libre sont réglés par l’entreprise"

Au cours du début du 20ème siècle, la société innove dans ses produits en lançant la soquette en 1926, et en utilisant le premier métier à tisser circulaire (Bentley) en 1933, la création de la solerette après la Seconde Guerre Mondiale, l'innovation de la Sébastienne en 1966 (un collant adhérant sans porte-jarretelles). DD est choisi pour équiper la première expédition d'alpinistes français composée de Pierre Mazeaud, Jean Afanassieff et Nicolas Jaeger afin de gravir l'Everest en 1978.

A partir de 1926, la marque s'étend à l'international (avec le dépôt de la marque "DD International") et développe alors ses opérations commerciales, elle utilise massivement des campagnes de publicités et affiches de vente, c'est l'époque des bas pour vélocipédistes ou pour ecclésiastiques. Ces campagnes de publicités s'intensifient avec la publication chaque semaine d'une publicité dans le journal de l'Illustration, DD est alors la première marque de bonneterie à proposer une telle démarche. Un journaliste de l'Illustration écrivait en 1924 :

"C'est l’une des plus anciennes fabriques de bonneterie du département de l’Aube.(...) Elle s’est toujours spécialisée dans une fabrication très soignée d’articles de bonneterie, tels que bas et chaussettes, dont les nouveautés rivalisent avec la qualité. C’est une des rares maisons qui ait conservé, grâce à ses "ateliers familiaux" les anciennes méthodes de fabrication sur "petit métier". En effet, à côté de la fabrication sur métier moderne à grande production, il existe encore une spécialité de très belle bonneterie, fabriquée sur des métiers à production très lente, dits "petits métiers". (...). C’est ce matériel qu’utilise la maison Doré-Doré dans les nombreux petits ateliers qu’elle a répartis dans les différents centres de l’Aube, et jusque dans les plus humbles villages.

En 1933 apparait la première affiche avec le nouveau dessin qui va représenter la société durant près de 30 ans. Il s'agit d'un dessin fait par Gad appelés les petits marins : deux marins sont en train de courir, les jambes en extension en culottes courtes et portant chacun un béret à pompon rouge.

Jusqu'en 1954, Gad reste l'unique graphiste de DD, utilisant la lettre D au gré de sa fantaisie (...) Résolument, le ton "bon chic, bon genre" privilégie une atmosphère familiale. (...) Les femmes sont le premier consommateur ciblé (...) Après la Seconde Guerre Mondiale, la première campagne d'affichage s'adresse à la femme (...) et montrent avant tout l'élégance de la maitresse de maison et de la jeune fille. Mais l'enfant est loin d'être oublié. Le choix des petits marins comme image de la société n'est pas neutre car une grande partie du chiffre d'affaires est réalisé par des articles pour enfants.

Le logo de la société passe sur fond vert (1971), bleu (1985) et orange (2001) qui est un visuel fort et toujours reconnaissable aujourd'hui.

La société se renomme Etablissements Doré Doré en 1964, la même année où André décède. Le début des années 1980 et la crise du textile amène à la fermeture des réseaux d'ateliers, puis à la centralisation de la production dans l'usine familiale agrandie pour l'occasion. Il s'agit d'un changement dans le mode de production, André Doré écrivait notamment : "La maison Doré, plus que centenaire, a conservé une tradition aussi vieille que la Bonneterie française : la presque totalité de sa production est assurée par des artisans travaillant à domicile et souvent en famille.

En 2002 la société est placée en redressement judiciaire, puis reprise en 2003 par le groupe italien Gallo, qui délocalise alors toute la production à Desenzano del Garda. La société est divisée en deux : Doré Doré 1819 (vente) et Doré Doré Industrie (production) et distribue ses produits en France à travers 11 comptoirs de vente. Le site français ne produisait plus que 3500 paires de chaussettes chaque jour.

Le site historique n'assure plus qu'une partie administrative et ferme définitivement le 09 décembre 2011.

Fermé après Lejaby et Olympia, la dernière usine textile française dans ce domaine disparait du territoire.

En 2025, le site est enfin racheté par un couple décidé à rénover et transformer tous ces espaces afin de pouvoir les ouvrir au public. Le site s'appelle désormais Factory D, en hommage à l'entreprise Doré Doré mais également au nom de famille du couple.

Généralités

Un petit rappel

Voici les différents types de bas, de bas en haut :

1. Solerette
Elle ne couvre que les orteils et le talon.
2. Soquette/invisible
Elle couvre tout le bas du pied.
3. Chaussette
Elle couvre le pied jusqu'au bas du mollet (au dessus de la cheville).
4. Les mi-bas
Ils couvrent tout le mollet jusque sous le genou.
5. Le bas
Il couvre le pied jusqu'en haut de la cuisse.
5.1 Porte-jarretelle
C'est un bas qui est retenu par des jarretelles se fixant au niveau de la taille par une sorte de ceinture.
5.2 Collant
Comme le bas sauf qu'une culotte est attenante en haut.
Bas

Le tricotage est une technique qui entrecroise le fil en formant des boucles (mailles) et donnant ainsi un tissu avec plus de souplesse et d'élasticité. Le tricot de base s'appelle le jersey.

Le tissu tricoté a pour caractéristique d'être produit par l'enchevêtrement de boucles ou mailles, pouvant glisser les unes sur les autres et à la formation desquelles un seul et même fil suffit ; grâce à cette mobilité relative de ses éléments constitutifs, le tissu tricoté est élastique dans tous les sens.

Le tissage est une technique permettant de faire passer le fil sur toute la longueur du tissu (la chaine) puis d'alterner en dessus et en dessous sur toute la largeur (la trame). Les fils s'entrecroisent parallèlement à eux. Le tissage terminé on obtient une toile.

Etapes de confection d'une chaussette
Tricotage
C'est la base, le tricotage est effectué par des métiers à tisser et permet de former des formes rectangulaires (métier rectiligne) ou tubulaires (métier circulaire)
Retournage
Cette étape permet de retourner le tube (future chaussette) par aspiration.
Remaillage
C'est à cette étape de la fabrication que notre tube devient une chaussette, chaque extrémité est refermée et cousue.
Formage
Les chaussettes sont positionnées sur des supports afin de leur faire prendre leur forme définitive, elles sont chauffées afin que les mailles se rétractent et prennent la forme désirée.
Contrôle qualité et appairage
Les chaussettes sont vérifiées et testées puis mises par paires semblables.
Etiquetage, embalage et expédition
Il s'agit d'indiquer les caractéristiques des chaussettes en apposant une étiquette en carton.
Stockage
Dernière étape, les chaussettes sont stockées avant d'être envoyées au fournisseur puis commercialisées.

Généalogie
  • Jean (1749-1804) : Père
    • Jean Baptiste Doré (1778-1863) : fils de Jean
    • Ambroise Laurent (1796-1881) : frère de Jean-Baptiste et fils de Jean
    • Basile Georges (1782-1858) : frère de Jean Baptiste et Laurent et fils de Jean
      • Elie (1819-1899) : fils de Basile Georges et père de Saint Ange
        • "Saint Ange" Philippe Gustave (1854-1931) : fils d'Elie et père d'André
          • André Laurent Joseph (1887-1964) : petit fils d'Elie et fils de Saint Ange
Sources :
  • Jean-Louis Humbert
  • Association pour le patrimoine industriel de Champagne-Ardenne
  • Bas et chaussettes à l'affiche (1988) - Dominique Veillon
  • Boulevard-Doré

Notes Voici une vue de l'usine côté Est, on y aperçoit la maison du directeur, l'entrée de l'usine pour le personnel et notamment l'ancien le comptoir de vente.

Ce beau portail rappelle le style rouge-barre employé dans le Nord.

Notes Dans les oeuvres réalisées par la société toujours visibles en ville, voici la Popote (pension pour célibataire), une salle des fêtes édifiée en 1933 capable d'accueillir 350 personnes servant pour des conférences, bals, théâtre, concerts ou cinéma.

Le Familia était un commerce d'alimentation générale il était situé tout près de la salle des fêtes (il a été rasé en 2019) seul reste l'emblème du bâtiment qui a été reposé en 2025, tout comme ses barrières siglées DD.

Notes Sur cette première photo, l'entrée principale du bâtiment était située auparavant à la gauche de l'avant corps, sous la verrière, où se trouvait notamment un escalier en fer à cheval (ce qui explique les portes à ce niveau).

Notes Ce château d'eau est construit entre 1922 et 1924.

Notes Voici quelques vues de l'usine et notamment des anciens bâtiments servant d'ateliers de fabrication et de bureau. L'usine s'est étendue durant un siècle.

Les bâtiments sont imposants et forme un T (Nord-Sud) accueillant à l'arrière une grande partie des ateliers en sheds, une autre aile parallèle au premier bâtiment est accolé et forme le second atelier de fabrication appelé le "centenaire", en raison de sa date d'édification rappelant la création de l'usine. A l'avant se trouve la chaufferie, l'atelier de mécanique, la conciergerie. A l'arrière se trouve le nouvel entrepôt et magasin de stockage, plus moderne et construit en tôles métalliques en 1995.

Le bâtiment principal se démarque d'un avant corps surmonté d'une horloge avec l'inscription rappelant le nom de la société. L'aspect très frontal, ainsi que la la grande quantité d'ouvertures et la longueur des bâtiments tranche avec le style plus industriel des sheds et de l'utilisation de la pierre.

Notes Voici les métiers à tisser circulaires mécaniques à double cylindre de marque Bentley Komet, une marque britannique reconnue et appréciée pour son maillage. Elles servent spécifiquement à tricoter des chaussettes et bas. Alimentées par bobines de fils, elles sortent en un long tube ouvert de part et d'autre puis fermées minutieusement au remaillage. En fonction du nombre d'aiguilles, les chaussettes sont différentes, en taille, couleurs et matière.

Notes Ici d'autres machines de marque Matec (modèle 2LJ) à double cylindres et comprenant 176 aiguilles et des Lonati (modèle Junior 2 et Master) comprenant jusqu'à 360 aiguilles. Toutes ces machines ne faisaient que de la confection de chaussettes.

Ces deux sociétés sont d'origine italiennes, Lonati a depuis racheté Matec.

Dans ce métier, en Europe, l'Angleterre a fait partie des pionnières dans la construction de machines réputées, mais l'Italie s'est depuis imposée dans la confection du fil et la reprise de machines de fabrication.

Notes Et là se trouve du fil de toutes les couleurs et des gabarits en bois pour les bas, j'espère qu'ils ont été sauvegardé.

Les modèles DD se différencient avec l'utilisation de couleurs vives et de mélanges : ce sont les collections One Two Six et Urban.

Ici une plaquette provenant de l'ancienne manufacture de Legnano (Italie) fournissant du fil en coton. Cette usine a été en activité de 1903 à 2008. Et à côté, enroulés, une plaquette de fils provenant de la société allemande Richter Kammgarn Gmbh.

Notes Ces deux premières photos témoignent également d'utiliser ces mêmes couleurs vives dans l'enceinte des ateliers ! Il s'agissait d'anciens ateliers et stockage construit en 1929.

Cette machine à broder de marque Tajima est munies de plusieurs têtes et couleurs, le brodage est réalisé couleurs par couleurs, à la chaine et permet la confection d'imprimés identiques en simultanés.

Notes Cette réserve était sans doute la pièce la plus impressionnante avec une quantité industrielle de chaussettes et servait vraisemblablement de collection d'échantillons.

Notes Le bâtiment de la chaufferie est construite en 1914, à l'origine une machine à vapeur était installée, l'ensemble fut remanié à la fin des années 1950.

Ce groupe électrogène provient de la SGCM située à la Courneuve. Il développe 600CV et a été installé ici en 1973 par les Ets Roger Dejouy. Il est couplé à un alternateur et un turbo compresseur Brown Boveri.

Ce type de moteur était plutôt installé dans les forts Maginot ou navires.

Notes Voici le service d'entretien mécanique pour les machines de la bonneterie. Grande salle typique de l'esprit industriel de ces années, on y retrouve des ateliers alignés, bureaux de contremaitres, lavabos, sheds et poutrelles métalliques.

Notes Cet esprit industriel est renforcé par l'affichage d'anciennes affiches de sécurité fait par Bernard Chadebec de l'INS.

Notes La marque est aussi très connue pour ses campagnes publicitaires audacieuses que pour ses créations.

D'autres campagnes publicitaires iconiques ont également vu le jour, réalisées par des artistes renommés tels qu'Ottorino Andreini, Bernard Villemot ou Francis Martocq, ajoutant une touche d'art et d'originalité à la communication de Doré Doré.

Notes Des chaussettes devenues un véritable patrimoine, celles-ci ont été fabriquées ici.

Sorotex

Initié avant 1900 par Felix Corpelet, l'usine fabrique des métiers pour bonneterie avant d'être transformée en bonneterie au début du 20ème, elle est agrandie après la Première Guerre Mondiale et devient la SA Dupré, un atelier de teinturerie et de tricots voient également le jour.

Par la suite une partie de l'usine est acquise par Devanlay, tandis qu'une partie est utilisée par la société Mutexil qui produit des articles en fibres synthétiques. En 1991 c'est la création de la société SOROTEX (propriété de Devanlay) qui était propriétaire 11 hectares de terrains. En 1999 le groupe Devanlay se sépare de sa branche de sous-vêtement masculin, dont la marque Jil qui était fabriquée ici à Romilly. C'est le groupe alsacien Vestra qui reprendra l'affaire jusqu'en 2002 date où la société sera cédée à un investisseur privé qui déposera le bilan quelques mois après en 2003. Depuis, l'usine est restée à l'abandon durant une vingtaine d'année, avant qu'un nouveau projet de la ville (2025) soit finalement acté. Le musée de l'histoire du textile de la ville pourra bénéficier d'un espace dans les anciens bâtiments qui seront rénovés prochainement.

Notes Bien que le site soit grand, il a été entièrement vidé, les ateliers de fabrication sont malgré tout intéressants dans leur architecture industrielle classique en sheds et poutrelles métalliques, tout comme la chaufferie ou les bureaux en briques ornés de larges ouvertures.

Troyes

La ville de Troyes (mais aussi ses alentours) possède encore les vestiges de plusieurs usines, encore parfaitement bien conservé ou identifiable, soutenu à l'heure de la reconversion par une volonté qui a su les préserver et les pérenniser en les transformant aujourd'hui en logements, commerces, ateliers, etc...

Voici ci dessous quelques exemples qui m'ont marqué.

Guy Berac

L'usine dite du Vouldy (issu de Guichard de Vouldy, médecin de Louis XIII) a vu sa création en 1880 quand la Societé Koeclin-Bonnefoy fait construire une filature qui prendra le nom de SA Filature du Vouldy à partir de 1905. Celle-ci fût continué par Jourdain jusqu'en 1956, date à laquelle s'installa la société TMT (Lille) qui fabriqua alors des articles de la marque Mariner et Trois Matelots. Intégré au groupe Armor Lux en 1992 elle fabriqua par la suite des articles de la marque Guy Bérac (articles en laine) jusqu'à sa fermeture en 2010.

Un projet de musée européen de la maille, mode, marques (C3M) devait voir le jour sur le site, il a été évincé au profit de la vente du terrain (2025.

Notes Sur 2 hectares l'usine présente toutes les caractéristiques architecturale d'une bonneterie du début du 20ème dans un bon état de conservation. Même si une partie a été démoli au profit de nouveaux logements, le site se trouve dan un écrin de verdure, proche du centre ville.

Bonbon

Georges Bonbon (1847-1899) fait construire entre 1882 et 1900 une usine de bonneterie appelée G.Bonbon et Cie. Elle se situe à proximité des ateliers Mauchauffée, son fils Louis, développe l'activité (1899) après le décès de son père sous l'appellation G.Bonbon et fils. L'usine développe la production de jersey et fabrique les sous vêtements Astra, Iris Elbé, et Solea.

La société est rachetée par Devanlay en 1958 et s'arrête en 1990.

L'emploi de la brique sublime le bâti et les ouvertures. La sauvegarde des cheminées est une belle réussite et rappelle le passé industriel du lieu.

Delostal

La société Delostal est fondée en 1863, elle s'implante à Troyes en installant plusieurs ateliers de fabrication de métiers pour bonneterie tous assez proches. Durant l'entre deux guerres, la société est reprise par Gillier, puis par Devanlay à partir des années 1960 jusqu'à leur fermeture en 1990.

Les bâtiments existants ont depuis été transformés en logements.

Devanlay

Le nom de Devanlay est a l'origine crée en 1903 de Lucien Devanlay et Constant Plénat. En 1920 la société s'associe avec les frères Recoing et devient la Manufacture de Bonneterie L.Devanlay et Recoing. En 1931 elle est reprise par Pierre Levy et les frères Georges et René Spira.

Cette première usine est construite à l'origine par Maurice Gillier en 1910. Jusqu'à la Première Guerre Mondiale l'usine s'étend sur une grande surface. Le château d'eau est construit par la société Biot Dutheil Dosmond, ingénieurs et entrepreneurs de Reims. La société est si importante, que l'atelier de Cotton est indiqué comme être le plus grand d'Europe juste avant la Seconde Guerre Mondiale. Réputé pour les marques qu'il produit, Jil et Lacoste, l'usine subit la crise des années 1960-1970. L'usine est reprise par le groupe Devanlay en 1984. Devanlay est repris en 1998 par le groupe suisse Maus Frères.

L'usine de Troyes est toujours en activité.

Auguste Vanarrien-Derrey fait construire une usine de bonneterie vers 1885, qu'il agrandit vers 1890. La société Plénat et Flogny y ajoute un magasin et un atelier d'apprêt à la fin du siècle. Au début du 20ème siècle, la raison sociale devient Devanlay, Plénat et Cie, puis un vaste atelier de fabrication est construit vers 1950. L'usine est en activité jusqu'à la fin du siècle. En 1999 le bâtiment est reconverti pour accueillir le siège de la communauté d'agglomération troyenne (Troyes Champagne Metropole).

Evrard Dard

Edme Dard fait construire une usine de bonneterie ainsi qu'un atelier voisin d'apprêt des étoffes entre 1866 et 1871. Après son décès, sa veuve, Evrard-Dard poursuit l'activité pendant un temps avant que les ateliers passent entre plusieurs mains. En 1908 c'est la socciété Journé et Lefèvre qui est propriétaire de l'ensemble et s'agrandit successivement en construisant de nouveaux ateliers jusqu'en 1933. L'activité se poursuit jusqu'en 2001, où la société déménage sur un autre site à Troyes.

En 2004 des logements et bureaux sont aménagés dans les anciens ateliers.

Frafor - Babygro

Charles Douine fait construire une filature de coton vers 1855 à l'emplacement d'un ancien moulin. Il possède une seconde usine (détruite), rue Simart, à proximité de la première. En 1894, le site est incendié et reconstruit. L'établissement du cours Jacquin est agrandi par Georges Douine en 1902-1907, qui y installe notamment une salle des machines. Touron fils devient le propriétaire de la filature en 1917, puis une S.A. Touron est créée vers 1927. En 1964, une usine de bonneterie, propriété de la société Claude Franckforter, dont la raison sociale est Fra-For S.A., est installée dans les bâtiments, elle produit des vêtements pour enfants sous la marque Babygro en utilisant un tissu-maille à bouclettes extensible. C'est un succès. Une licence est même obtenu par Levi's Strauss. La marquest connue par son slogan "le vêtement qui grandit avec l'enfant". L'activité cesse en 1999. En 2004, le site est acheté par un investisseur privé afin d'y aménager des logements. En 2016, une résidence pour séniors est livrée dans la partie ouest du site.

Guivet

La société Guivet fait construire une fabrique de métiers pour bonneterie vers 1870, qui est agrandie lorsque la société Couturat et Cie (Léon Couturat associé à son fils) en prend possession en 1877, après la mort de Joseph-Alexandre Guivet. Une usine de bonneterie lui est jointe. Puis, le site est exploité sous la raison sociale Société Générale de Bonneterie à partir de 1890, après l'absorption de l'usine Jannet (IA10000252) qui se trouvait à proximité. L'établissement, spécialisé dans la production de métiers rectilignes Cotton (introduits par Joseph-Alexandre Guivet), cesse son activité vers 1960 et laisse alors la place à la Société Troyenne de Teinture qui y fonctionne encore en 1986

Groue

Gustave Groue établit une petite usine de bonneterie peu après 1875, mais c'est la société Desgrez et Ruotte qui lui donne une grande extension entre 1890 et 1895. Cet établissement est exploité sous la raison sociale S.A. Desgrez à partir du tout début du 20e siècle (1902 ou 1904), puis est agrandi par la construction de vastes bureaux, au milieu du 20e siècle, le long de la rue Desguerrois. Cessation d'activité vers 1975

Notes Il ne reste plus que la cheminée de remarquable.

Jacques Favier

Une bonneterie est établie par Jacques Favier en 1935 et agrandie en 1942. Elle est la propriété de Charles Médinger en 1950.

Le site sert aujourd'hui d'habitation.

Joinville

L'usine est édifiée par les frères Petit en 1877 concernant la fabrication de métier pour bonneterie. Ils s'associent plus tard avec Georges Lebocey (qui est le neveu des frères Petit) et fonde en 1883 la Societé Petit Frères et Lebocey et Cie. L'usine passe dans les mains de Maurice Mauchauffée à partir de 1910 et fait construire un nouvel atelier ainsi que la cheminée.

En 1954 marque la création de la Societé Anonyme Guillot et de la marque Joinville. Elle fabrique les premier joggings pour la grande distribution. Elle est connue car elle habille notamment tous les appelés du contingent en survêtement bleu, appelé le Bataillon de Joinville.

La societé cesse ses activités en 1998. Elle est reprise en l'an 2000 par Mail-Sport qui s'arrête elle aussi en 2008.

Journe-Lefevre

Charles Huot fait construire une filature vers 1890. Au début du 20e siècle, la société troyenne de filature, fondée le 21 mars 1901, achète les bâtiments et y mène une activité assez florissante jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Mais les bâtiments et les machines deviennent obsolètes et cet établissement ferme ses portes en 1967. La bonneterie du Pont de Châlons, qui occupait depuis 1961 une partie des locaux les plus restaurés, étend alors son implantation conjointement à d'autres sociétés moins importantes.

Reprise par Journé et Lefevre, le site ferme en 2003.

Mauchauffée

Maurice Mauchauffée, fils, (1851-1910) fonde la société anonyme éponyme en 1896 et débute la construction de sa petite bonneterie en 1876 à Troyes. L'usine s'agrandit à tel point qu'un vaste empire de la bonneterie est construit regroupant toutes les activités de production à savoir : mécanique, tricotage, teinture et confection. L'usine compte 1140 ouvriers en 1897 et 3000 en 1914.

La société Mauchauffée obtient de nombreux brevets pour l'amélioration des métiers rectilignes et circulaires. Au début du 20e siècle, les établissements Mauchauffé deviennent la plus importante fabrique de bas d'Europe. Les marques EMO, pour les articles de luxe, et SADEM pour ceux d'usage courant, y sont produites. Mais la fermeture définitive de l'entreprise intervient en 1973, laissant la place à de modestes ateliers de confection et à des magasins de commerce.

Le site devient l'un des premiers magasin d'usine jusque dans les années 1990, mais l'espace est trop exigüe. Le site est transformé et réhabilité et servent aujourd'hui de logements ou de bureaux. La grandeur du site est encore présente ainsi que le style industriel.

A plusieurs endroits on retrouve le M de Mauchauffée.

L'usine s'est agrandie en longueur mais aussi sur toute sa hauteur.

Perthuisot-Poron

Alexandre Perthuisot fait édifier une usine de bonneterie vers 1908, qui est rachetée par Charles Richard pendant la Première Guerre mondiale. La société Herbin, dont l'usine de la rue Voltaire a été détruite en 1940, devient le nouveau propriétaire du site et y ajoute de nouveaux ateliers en 1942. En 1957, elle est absorbée par la société Poron. Des bâtiment modernes sont édifiés dans le troisième quart du 20e siècle ; le site moderne est exploité depuis 1976 sous la raison sociale Absorba-Poron, alors que les ateliers plus anciens apparaissent désaffectés (en 1986)

Le site semble servir actuellement à l'armée.

Notes La cheminée est en béton et non pas en briques.

Petit Bateau

Valton Quinquarlet fait édifier une usine de bonneterie en 1892 (statue de saint Joseph surmontant la travée centrale de la salle des machines réalisée à cette date), puis la raison sociale devient Valton et fils dès 1894. De nouveaux bâtiments sont construits dans la première moitié du 20e siècle. En 1925, la société est transformée en S.A.R.L. les fils de Valton et Cie. En 1940, la surface couverte est de 8500 m2. Cette entreprise est connue comme pionnière de la publicité pour la marque Petit Bateau commercialisée dès 1913 ; malgré son rachat par le groupe Yves Rocher en 1988, elle continue son activité sous la raison sociale Petit Bateau Valton S.A. L'usine Valton est réputée pour sa pratique du catholicisme social qui a occasionné le versement de 10 % des bénéfices dans une caisse d'oeuvres sociales pour le personnel entre 1892 et 1950 environ.

Le site est toujours en activité.

Poron

La société est fondée par Jean-Baptiste Poron en 1816. Ses fils développeront la société pour la fabrication de métiers pour la bonneterie jusqu'à acheter la licence de construction du métier Paget. La société devient Poron Frères, fils et Mortier puis tout simplement Etablissements Poron en 1898.

Cette usine est construite en 1872, comme en témoigne l'année inscrite sur la cheminée.

Le site sert de filature de coton, elle est transformée beaucoup plus tard comme bonneterie dans les années 1930. Le site cesse toute activité au milieu des années 1970. Le site en lui même est resté et a été peu modifié, il abrite de nouvelles activités de commerces.

Rozon-Frafor

La société Rozon et Cie établit une usine de blanchiment en 1865. Cet établissement est acquis par Millerey qui l'agrandit en 1883 notamment par une nouvelle salle des machines. La raison sociale perdure jusque vers 1970, quand la société Fra-For, qui possède une usine de bonneterie cours Jacquin, installe une usine de teinturerie dans les locaux de la rue des Bas-Trévois.

Notes La cheminée porte les initiales de Millerey et de l'année 1883.

Vallee Gauthier

Jules Lebocey fonde une usine d'aiguilles et de platines pour métiers de bonneterie pendant la Première Guerre mondiale, afin de pallier la pénurie causée par la rupture des liens avec les fabricants allemands. Cette usine est construite en dur en 1917 et 1918, comme l'attestent les dates portées sur la façade antérieure des bureaux. Mais Lebocey possède à Troyes deux autres unités de fabrication de métiers de bonneterie, si bien qu'après la Seconde Guerre mondiale, une société est créée sous le nom de Lebocey Industrie pour n'exploiter que l'usine d'aiguilles et de platines. En 1986, la raison sociale est Vallée Gautier jusqu'en 2017.

En 2025 un permis de construire est délivré, afin de démolir et renové une partie du site.

Notes La cheminée a été arasée.

Vinot

Henri Vinot, marchand de bonneterie en gros, fait établir une usine de bonneterie vers 1880. En 1890, ses deux fils, Léon et Emile, reprennent la suite ; la société fonctionne au 20e siècle sous la raison sociale Vinot frères. Cessation d'activité vers 1960.

L'atelier de fabrication est transformé en logements.

Vitoux

Ce site résulte de la fusion de deux usines de bonneterie. La première est créée par Léon Vitoux en 1889 ; la seconde est construite par Henri Quincarlet en 1897, puis exploitée par Quinquarlet-Medinger au début du 20e siècle. Pendant la première moitié du 20e siècle, de nouveaux bâtiments sont édifiés par la société Vitoux-Derrey, qui devient Vitoux fils et gendre et absorbe l'usine Quinquarlet lors de la Seconde Guerre mondiale. L'ensemble du site sera exploité par Vitoux S.A., qui produit notamment des articles de la marque Vitos (du nom de la machine à remailler créée en 1929 par Marcel Vitoux, le fils de Léon), jusque vers 1990.

Notes Le site est aujourd'hui un ensemble de plusieurs sociétés.

France Teinture

La teinturerie de Champagne, entreprise fondée par les familles Six et Levielle, occupe entre 1925 et 1930 un site où existent des usines de blanchiment. Elle fonctionne d'ailleurs déjà à côté de ces ateliers de blanchiment qu'elle réunit à ses locaux datant des années trente. La teinturerie de Champagne devient une société anonyme en 1954 et absorbe la bonneterie Rougé, située à l'est de l'ensemble, après 1960. Vers 1990, les produits de bonneterie traités quotidiennement dans cette usine de teinturerie représentent 40 tonnes.

L'usine est toujours en activité.