“ Carrière des Potences ”

la carrière des Potences dite carrière de Pisseloup est une carrière exploitée pour son gypse, afin de le transformer en plâtre.

Cette couche de gypse s'est formée pendant la période du Ludien moyen, c'est à dire la même que celle du bassin parisien, cependant, l'épaisseur ici des deux seules masses ne dépassent pas les 10 mètres. Cela s'explique par sa situation géographique, à l'extrémité Est du bassin, la carrière est d'ailleurs à cheval sur deux départements, la Seine et Marne et l'Aisne.

Le gypse se trouve à une profondeur comprise entre -30 et -40 mètres, on y accède généralement par puits, sauf ici où des bouches de cavages ont été ouvertes. On exploite uniquement la seconde masse (puissance estimée à 5/6 mètres) c'est ici que l'on retrouve le gypse cristallisé. La première masse est inutilisable, elle est trop fracturée par les infiltrations.

Il y avait deux plâtrières reliés à cette carrière : Celle de Pisseloup et celle du Villaré. Plusieurs exploitants se sont succédés :

Pisseloup est une usine très importante, sa période d'exploitation s'étale sur une centaine d'années entre 1880 et 1970 elle sera d'ailleurs la dernière à fermer dans le département, et une des seules à avoir "survécue" en se modernisant après la crise (1930-1938). Elle compte 50 ouvriers en 1950, il n'en restera qu'une vingtaine en 1970.

Cette carrière a le mérite de présenter un intérêt certain, par l'importance encore visible, de son matériel ferroviaire utilisé pendant son exploitation.

L'état de la carrière est cependant préoccupant aujourd'hui, si les principales galeries de roulages, semblent dans un état correct tous les quartiers d'exploitations ont disparus. Ceci s'explique car la plupart des galeries de roulages ont été consolidées, par des piliers ou des murs de soutènement. A l'époque d'extraction, il n'était pas rare que des ouvriers meurent à cause d'effondrements. Les carriers ont dés lors consolidés ses principales artères de circulation. Enfin une grande partie de la carrière a été foudroyée après l'arrêt de l'exploitation, il ne reste qu'un tiers de la grande carrière. Les galeries restantes se finissent globalement sur des effondrements, et pas des petits, les sorties annexes sont bouchées, et si on regarde bien au ciel par endroit, les couches supérieures de marnes sont également fracturées. Par endroit c'est un véritable mille feuilles. Il n'est pas rare de marcher sur du ciel tombé sur de longues galeries, ou de voir des portions de rails se terminant sur des effondrements.

Sources : :

La carrière

Cavage
Cavage
Les Potences
Les Potences
MC
MC
Consolidations
Consolidations

Notes Voici un accès à la carrière, complètement inondé dés l'entrée, car un fontis bloque la sortie de ces eaux. Il s'agit en fait d'une sortie, c'est par ici que sortaient les wagonnets pour rejoindre l'usine à plâtre. C'est un tunnel voûté d'à peu près 200m de long, d'1m50 de large sur 2m de haut.

Une fois passé ce long tunnel on débouche enfin dans l'exploitation, un roulage principal et de chaque côté se trouvent des chambres d'exploitations.

L'esthétique de certaines consolidations sont vraiment très belles ! Elles sont signées et datées et s'échelonnent entre 1916 et 1938, avec une grande majorité en 1925 (pour celles encore visibles)

Dans le virage
Dans le virage
Les wagonnets
Les wagonnets
Levier d'aiguillage
Levier d'aiguillage
Stock de rails
Stock de rails

Notes Comme on peut le voir il reste encore beaucoup de matériel et un grand nombre de voies toujours en place, munies de traverses, aiguillages, plaques tournantes et mêmes quelques wagonnets en bois. Il s'agit en fait d'un châssis en fer auxquels on y a "bricolé" une caisse constituée de planches en bois.

Plaque tournante
Plaque tournante
Bifurcation
Bifurcation
Zigzag
Zigzag
Portes ouvertes
Portes ouvertes
Soucoupe
Soucoupe
Chaussure
Chaussure
Nitramite
Nitramite
Dynamite
Dynamite

Notes Cette soucoupe est un récupérateur d'eau, au fond elle est percée. Cette carrière n'a jamais servie de champignonnière.

La carrière a été exploitée, entre autre, à l'explosif, ce qui est plutôt courant dans le gypse. Le nitramite (nitrate d'ammonium) était livré par sacs (on peu lire Rey Freres usine de Genlis), il en reste pleins dans la carrière d'ailleurs. Celui-ci était re-conditionné en tube, pour former le "bâton" d'explosif. Il n'y avait plus qu'à forer un trou suffisamment long dans la paroi, insérer la charge au fond avec un dispositif d'amorçage, bourrer la charge, et s'éloigner pour procéder au tir.

Plus tard, après modernisation, les galeries sont exploités par haveuse (1949).

Puits
Puits
Ecurie
Ecurie
Collier d'épaule
Collier d'épaule
Mangeoire
Mangeoire

Notes Les wagonnets étaient tirés par des chevaux, il reste d'ailleurs deux écuries plutôt bien conservées. En 1950, les chevaux sont remplacés par des locotracteurs.

Piliers tournés
Piliers tournés
Fontis
Fontis
Plan inclinée
Plan inclinée
Sortie bouchée
Sortie bouchée

Notes Voici le seul secteur dans la carrière où se trouve encore des piliers tournés, cette chambre d'exploitation (10 piliers de longs sur 8 de large) est en mauvais état, malgré des piliers plutôt rapprochés et dont la forme est un peu trapézoïdale. On notera qu'au sol il y a des traces de roues de véhicules, preuve d'une autre sortie en cavage.

Cette sortie en plan incliné servait d'entrée et de sortie aux ouvriers, il reste en partie des échelles, aujourd'hui complètement rouillée. En surface le point de sortie est localisé mais situé dans une propriété dont nous n'avons pas eu accès. Sur le même axe un peu plus loin se trouve un second plan incliné, près de l'ancienne plâtrière, celui-ci servait à la remontée des wagonnets. Une machine à vapeur équipait alors un treuil pour cette tâche. En souterrain l'accès à cette sortie n'est plus possible.

La plâtrière

Plâtrière
Plâtrière
Usine à plâtre
Usine à plâtre
Tour trémie
Tour trémie

Notes Voici une vue d'ensemble de la plâtrière, les anciens bureaux sont aujourd'hui occupés par des particuliers, et au dessus situé dans la colline se trouve l'usine, où le gypse était transformé en plâtre.

Cette tour fait partie des aménagements moderne de la plâtrière, elle a été réaménagée par la suite, l'étage le plus haut diffère de la base. Cette tour avait été réquisitionnée par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale car elle offrait une vue imprenable sur la Marne et tous les environs.

Trémie Trémie
Trémie
Détails brique
Détails brique
Four
Four

Notes La tour est constituée de béton armé, de briques et de tôles pour la trémie.

Les wagonnets sortant du cavage (première photo de ce dossier) étaient tirés par des chevaux, ils suivaient une ligne de chemin de fer (il reste encore plusieurs traverses dans la végétation) qui les amenaient directement sur un plan droit, terrassé situé au plus haut, derrière l'usine (Cf : Cartes postales). Les wagonnets vidangeaient alors leurs chargements dans des trémies de stockage, avant de repartir. Du stockage, le gypse était concassé, puis acheminé (toujours par wagonnets) dans la tour par une passerelle métallique située derrière (elle est tombée aujourd'hui), puis il n'y avait plus qu'à alimenter les fours situés en dessous (il n'y en a deux, mais il devait en avoir plus, peut être quatre).

Les premiers fours utilisés sont des fours dit fours culées : "L'ouvrier qui construisait le four était un spécialiste que l'on appelait "traveur" car il établissait des travées. Au dessus des galeries du four il empilait des pierres de plus en plus petites, mais toutes posées sur champs inclinées du même côté afin de permettre la circulation de l'air chaud. Le traveur mélangeait les pierres de plusieurs bancs, raison pour laquelle plusieurs galeries de la mine étaient simultanément en exploitation : "Pour bâtir un four un ouvrier tirait du plâtre tendre d'un côté, un autre du plâtre dur car plus le plâtre est mélangé, meilleur il est."

En 1949 ces fours traditionnels sont remplacés par des fours rotatifs, mais selon l'ancien directeur "A l'expérience ces nouveaux fours cuisant le plâtre uniformément, ne permettaient plus le mélange de mi-cuit et de surcuit qui donnait au plâtre gros bonne prise et résistance."

Plan incliné des silos
Plan incliné des silos
Silos à plâtre
Silos à plâtre
Arches
Arches
Réfectoire
Réfectoire

Notes Une fois cuit le plâtre était broyé, il ne restait plus alors qu'à l'acheminer plus bas pour son stockage, avant son expédition (ensaché), par la proche voie ferrée, par bateau au port de l'usine desservie par la Marne, ou par camions.

A l'intérieur, au niveau des arches se trouvent les ouvertures de trémies d'où descendaient le plâtre.

Vue Aérienne
Vue Aérienne
Plâtrière
Plâtrière
Plâtrière
Plâtrière
Téléphérique
Téléphérique

Notes Ces cartes sont issues de ma collection, la première présente la plâtrière dans sa globalité, la tour était bien identifiable dans le paysage. La seconde, montre notamment un plan incliné, c'était une ancienne sortie de carrière, on y voit très nettement les rails au sol (aujourd'hui il ne reste qu'une tranchée). La troisième présente l'arrivée des silos à plâtre, les arches précédemment citées se trouvent recouvertes sous le porche d'entrée. Enfin la dernière, désigne l'emplacement du téléphérique, qui reste un peu un mystère sur son utilisation, nous pensons qu'il s'agissait de remonter du plâtre à partir d'autres exploitations, vers les fours. Il ne reste que les fondations aujourd'hui.

Plâtrière
Plâtrière
Usine à plâtre
Usine à plâtre

Notes Une très belle vue de la plâtrière (Cf : Plâtrière) au niveau de la route, avec l'arrivée des silos à plâtre et surtout sur le nombre important de fagots de bois, destinés aux fours à plâtre. Et au fond le téléphérique et la cheminée de l'usine, aujourd'hui obsolète. On peut voir ici toute la place qu'occupait l'usine.

Dernière photo prise vraisemblablement depuis la gare ou pas loin, on peut lire sur le premier bâtiment "Pisseloup commune de Charly - Usine à Plâtre VERON CLOZIER". Ce bâtiment également n'existe plus.

La vallée et la plâtrière
La vallée et la plâtrière
Les plâtrières Les plâtrières Les plâtrières
Les plâtrières

Notes Merci à Fabien Hallier pour ces quatre dernières cartes postales. La vue du haut de la vallée est certainement la plus intéressante, on y voit parfaitement les wagonnets arrivant de la carrière tiré par un cheval et ceux prêt à repartir.

La plâtrière du haut a très fortement changée, seule la petite maisonnée (Cf : Les plâtrières carte N°8) est encore reconnaissable.