“ Les Houillères Angevine ”

Voici un dossier consacré sur les houillères de la Basse-Loire.

Le gisement exploité de la Basse-Loire est un minerai de charbon issu du Carbonifère (Paléozoïque) qui se situe dans le Maine et Loire coincé entre la vallée de la Loire et du Layon.

On le suit de Doué-la-Fontaine, à Chalonnes, où il passe sous la Loire, Montjean, sur la rive gauche du fleuve, et en bordure Sud de ce sillon. On le retrouve, en rive droite au Nord d'Ingrandes et il se poursuit par les mines de Teillé et Mouzeil, jusqu'à celles de Languin au Nord-Ouest de Nort-sur-Erdre.

Entaillé par le Layon dans sa partie Est, banalement tranché de manière sub-horizontale en site de plaine ou de bas-plateau à l'Ouest, il est spectaculairement sculpté en balcon dominant la Loire de 40 à 50 mètres dans son segment Saint-Aubin-de-Luigné, Chaudefons, Chalonnes, Montjean; environ 15 kilomètres emprunté par la route réputée touristique de la "corniche angevine" qui frange le vignoble du Layon et la relie par Montjean au belvédère de Saint-Florent-le-Vieil.

Sept couches de charbon, alternées entre des schistes, sont représentées dans le bassin. Ces couches sont plissées et présentent un pendage de 50 à 80°. Les veines sont étroites entre 40cm et 1,5m et trop souvent faillées. Ce charbon trop maigre et flambant n'intéressait pas l'industrie sidérurgique et s'est surtout limité à alimenter les fours à chaux de la région. Ces difficultés ont rapidement mis fin à son extraction dans la fin du 19ème siècle en même temps que l'arrêt des fours à chaux.

En 1903 4 concessions se partagent le bassin :

En 1904 la Mine de la Roulerie fonce le puits Bigeard, il s'agira de l'unique chevalement métallique équipé d'une cage.

Sources :

Les fours à chaux

Parallèlement à l'extraction du charbon, l'industrie de la chaux déjà connue depuis le 15ème siècle se développe énormément au 18 et 19ème siècle. 23 fours à chaux sont attestés à Montjean répartis sur 13 sites de production. L'Anjou compte trois pôles chaufourniers, Montjean fait partie du secteur ligérien comprenant également Rochefort-sur-Loire, Chalonnes et Saint-Aubin-de-Luigné.

La spécificité de Montjean repose sur trois éléments majeurs :

La chaux est obtenue par calcination du calcaire dans des fours que l'on appelle fourneaux, sous l'effet de la chaleur, il se sépare du carbonate de chaux et de ses autres composants. La chaux est principalement utilisée en maçonnerie avec de l'eau et du sable comme mortier mais aussi en épandage sur les terres comme amendement agricole.

Dans le four on alterne les couches de pierre et de charbon jusqu'en haut du gueulard. Le fourneau est constamment rechargé, la chaux tombe par gravité dans la sole puis retirée par les ébraisoirs (ouvertures à la base du fourneau, appelées aussi "gueules" et équipées de grilles afin de séparer les cendres de la chaux).

On distingue deux types de fours :

Four à chaux du Cerisier
Four à chaux du Cerisier

Notes Il serait construit dans les années 1830-40.

Four à chaux du Lion Four à chaux du Lion Four à chaux du Lion
Four à chaux du Lion

Notes Construit au 17ème siècle, le fourneau est entouré de deux contreforts et compte trois ébraisoirs.

Four à chaux du Cathelinais Four à chaux du Cathelinais Four à chaux du Cathelinais
Four à chaux du Cathelinais

Notes Construit en 1818, tire son nom de la famille chaufournière qui utilisait ce four.

Four à chaux de Chateaupanne Four à chaux de Chateaupanne Passerelle L'Union
Four à chaux de Chateaupanne

Notes Sans nul doute le plus gros vestige chaufournier, le site de Chateaupanne est une véritable forteresse qui était constituée de 4 fours (il en reste 3). Les deux premiers fours sont construits au 17ème siècle ils sont nommés "Jalousie" et "Clermont" ils appartiennent à la famille Clémenceau de la Lande. En 1846, deux nouveaux fourneaux sont adjoints et baptisés "l'Union" et "Saint-Hubert".

En 1916 J.J Carnaud rachète le site, quatre ans plus tard Saint-Hubert est détruit et une bluterie est construite à la place.

L'activité s'arrête en 1982, la carrière de Chateaupanne à proximité est toujours en activité, par contre la maison du contremaître et les écuries situées au dessus des fours sont à l'état d'abandon.

En face de nous accolés au coteau "Jalousie" et "Clermont" et bien détaché, "l'Union" (Cf: première photo)

Four à chaux de Chateaupanne Four à chaux de Chateaupanne Four à chaux de Chateaupanne
Four à chaux de Chateaupanne
Four à chaux de Chateaupanne Four à chaux de Chateaupanne Four à chaux de Chateaupanne
Four à chaux de Chateaupanne

Notes Observez la sole au centre et les ébraisoirs de chaque côté et en levant la tête on peux alors s'imaginer également les briques réfractaires qui tapissaient le four.

Four à chaux du Petit-Lapin Four à chaux du Petit-Lapin
Four à chaux du Petit-Lapin

Notes Construit en 1840 il s'agit de deux fourneaux (l'Alouette et du Lapin) en parallèle, l'un est aujourd'hui occupé mais il en conserve sa rampe d'accès.

Four à chaux de Grand-Lièvre Four à chaux de Grand-Lièvre
Four à chaux de Grand-Lièvre

Notes Construit à la fin du 17ème siècle, une rampe sur le côté arrière permettait de charger le fourneau par le haut.

Four à chaux de l'Orchère Four à chaux de l'Orchère Four à chaux de l'Orchère
Four à chaux de l'Orchère

Notes Mis à feu en 1840 puis exploité par Edmond Heusschen.

Four à chaux de Pincourt Four à chaux de Pincourt Four à chaux de Pincourt
Four à chaux de Pincourt

Notes Edifié également par Edmond Heusschen en 1865. L'ancienne carrière est noyée. Il reste à proximité en ruines les écuries, bureaux et maison du directeur.

Four à chaux de Pincourt Four à chaux de Pincourt Four à chaux de Pincourt
Four à chaux de Pincourt

Puits de la Tranchée

A la suite de la découverte d'une importante veine de charbon, le puits de la Tranchée est construit en 1874 par l'architecte belge Edmond Heusschen. Haut de 32m et profond de -178m, cet ensemble architectural représente l'un des derniers vestiges de chevalements miniers en pierre.

Puits de la Tranchée Puits de la Tranchée Puits de la Tranchée Puits de la Tranchée Puits de la Tranchée
Puits de la Tranchée
Puits de la Tranchée
Puits de la Tranchée
Fours de la Tranchée
Fours de la Tranchée

Notes Ces fours sont construits en 1875 soit dans la continuité du puits.

Puits des Malécots

Le site des Malecots ou Malescots se situe sur la concession de Layon et Loire, l'extraction se fait par le "Grand puits des Malécots" exploité à partir de 1822 et fermé en 1873 après un incendie.

Des recherches sont reprises après la Première Guerre Mondiale et quatre puits sont foncés. C'est la Société des Recherches Minières de Rochefort-sur-Loire qui en est propriétaire. Le 4ème puits est le plus rentable, 15 000 tonnes de minerai sont extraits. Cependant le charbon de faible qualité ne trouve pas de débouché après la remise en état des mines du Nord, et la mine ferme en 1923.

En 1942 on reparle de nouveau des Malécots. Cette fois c'est la Société des Mines d'Or de la Bellière qui exploite les terrains pour le compte de la société Bessonneau d'Angers (Fabricant de cordage). Le puits 4 est déblayé et approfondi de -60 à -85m puis un plan incliné permet d'atteindre -200m. Un second puits est foncé juste à côté pour l'aérage. En cette période la demande est forte, 50 mineurs y travaillent dont 30 au fond. Le permis d'exploitation arrivant à son terme Bessonneau décida de ne pas le renouveler et la mine ferma en 1964.

Puits des Malécots Puits des Malécots Puits des Malécots
Puits des Malécots
Molette Molette
Molette

Notes Il s'agit d'une reproduction à l'identique du chevalement d'origine. Il est inauguré en 2008.

Puits des Malécots Puits des Malécots Puits des Malécots
Puits des Malécots
Puits des Malécots Puits des Malécots Puits des Malécots
Puits des Malécots
Puits d'extraction
Puits d'extraction
Puits d'aération
Puits d'aération
Terril
Terril
Poste électrique Poste électrique
Poste électrique

Notes Cet emplacement représente la dernière époque de l'exploitation du charbon aux Malécots.

Malécots 1 Malécots 1
Malécots 1
Puits des Malécots
Puits des Malécots

Notes Le site des Malécots 1 représente l'ancienne mine, dans les bois se trouve l'ancien puits encore ouvert et profond d'une cinquantaine de mètres. Aujourd'hui difficilement reconnaissable, l'ensemble est recouvert dans la végétation.

Chapelle Sainte Barbe Chapelle Sainte Barbe Chapelle Sainte Barbe
Chapelle Sainte Barbe
Tranchée des Malécots Tranchée des Malécots Tranchée des Malécots
Tranchée des Malécots

Notes Cette tranchée est une ancienne carrière à ciel ouvert de cinérite.