Bois Roger étant le lieu dit, l'espace souterrain est composé de trois carrières majeures : Les Fontenelles et la Berangère et plus à l'est Cheverchemont.
La Bérangère, on ne sait pas beaucoup de choses sur cette carrière, elle fût ouverte par le maire de Triel (Mr Vallery) elle faisait partie du groupe "Union des carrières de Triel et de Vaux Port Barbé" Racheté succesivement, elle fût encore exploiter pour son plâtre jusqu'en 1900. Les propiétaires suivants quand à eux installèrent une champignonnière. La carrière servira plus tard en 1944 comme abri pour la population trielloise.
Plus récement (2008), le département à dû entreprendre des travaux de consolidations, en effet la ligne de fontis au fond de la carrière avançant, menaçait de plus en plus la route au dessus. Des murs de coffrages ont donc été réalisés dans un grand perimètre pour soutenir la route, et fûrent injectés de brique de polystyrène.
Cette barrière faisant office de "muraille" coupe la carrière en deux, la partie derrière se retrouve enfermée, étant déjà innondée, le niveau de l'eau augmente et l'air circule beaucoup moins bien qu'avant. Pendant les travaux des puits d'aérations ont été réalisés pour permettre aux ouvriers de travailler. Ces puits ont depuis été rebouchés.
Cheverchemont, je ne suis pas tout à fait certain du nom, c'est peut être tout simplement la continuité de la Bérangère, mais cela pourrait correspondre quoiqu'il en soit, la galerie de roulage qui continue semble se rejoindre un peu plus haut, formant comme une boucle. Au niveau d'une intersection on note visiblement qu'une percée a été faites dans l'un des murs qui fait continuer cette galerie plus à l'est, débouchant dans une carrière tout aussi vaste. Il devait sûrrement y avoir une autre entrée, plus simple d'accès. L'air est ici le plus bas, remplacé par du CO et certains endroits complètement innondés. On imagine cependant les restes d'anciennes champignonnières, grâce aux murs de cloisons, et d'une ancienne brouette au détour d'un couloir.
Les Fontenelles, son nom s'apparente au lieux dit le plus proche. M Vallery voulant ouvrir une nouvelle exploitation à Vaux, celle-ci fût rejeter, il décida donc d'en ouvrir une à Triel. En plus du pic de carrier, on employa l'explosif, une première dans le massif, cette technique ameliora de beaucoup le rendement. La carrière est à ce titre remplis de graffitis, à tous les couloirs.
30 ans plus tard elle fût racheté par la société Port Maron qui en réalisa la jonction.
A cette époque on pouvait donc partir de Triel et sortir à Vaux, le tout souterrainement. Aujourd'hui, en conséquence de divers effondrements et d'un total abandon de ces carrières, l'accès n'existe plus. On peut cependant encore rejoindre une partie de Port Maron, mais toutes ces galeries sont innondées, en plus d'une grande ceinture de fontis, qui les rend encore plus dangereuses.
C'est sans doute l'une de mes plus belles découvertes, qui m'aura beaucoup marqué et interessé, une carrière remplis d'émotions, mais aussi de drames, d'un passé industriel, encore partiellement présent qui m'ai été donné de voir. Malheureusement tôt ou tard, celui-ci sera amené à disparaitre, à jamais.
L'expérience et le partage avec mes camarades d'explorations resteront eux aussi, dans un autre genre, un bien beau souvenir.
Les Fontenelles
Les Fontenelles
Piliers de soutènement prêt à lâcher
Pilier d'angle avec balcon
Pilier ecorné
Les immenses galeries
Tri Sélectif
Les galeries sont très belles ici avec des indications inscrites à la sanguine, (une numérotation des quartiers d'installation sûrrement pendant l'occupation ?) suivez les flèches rouge pour continuer la visite.
Au fond on atteint la barrière de fontis, (cf:Tri sélectif) on peu voir que la galerie continuait si l'on suit les flèches, malheureusement effondrée maintenant. On retrouve de la roche d'un fontis sur la gauche, de la marne verte à droite venant du dessus et le début d'un fontis juste au dessus avec déjà quelques pierres de tombés juste devant. Les points rose indiquent le balisage par l'IGC.
Le tunnel d'accès
Murs de coffrage
Les murs de coffrage servant à soutenir la carrière et supporter la route au dessus. Un grand nombre d'arches sont présentes dés l'entrée de la carrière.
La carrière comme abri
Les 26 et 27 août 1944, les Triellois sont obligés par les Allemands de se regrouper dans les carrières souterraines. Il y avait longtemps que le Conseil Municipal avait choisi comme refuge la Bérangère qui avait été équipée d’un éclairage électrique avec un groupe électrogène. Un certain nombre de Triellois venaient se mettre à l’abri dans les carrières toutes les nuits depuis un certain temps, et après l’évacuation de la ville, il y avait environ 500 personnes dans la carrière de Pissefontaine, et de l’ordre de 3500 personnes dans la Bérangère.
Le 29 août ce sont les Américains qui viennent "libérer" les habitants de la carrière en leur annonçant que la ville avait été libéré des Allemands. Une grande joie remplis les coeurs des habitants. Dés le lendemain l'evacuation commença et tous purent retrouver leur foyers, après quatre jours dans la carrière.
De cette période on notera quand même un événement positif et mémorable tout de même, avec la naissance de deux enfants.
Rommel, Montgommery, Eisenhower
Raspail, Barrot
Tableau de champignonniste
Médailles, Morts au champs d'honneur
Avions, vélos, lampe de champignonniste
Vive la libération
Le nombre importants de graffitis vient donc de la population lors de leur exode, généralement à hauteur d'homme ils traitent surtout de la guerre, et de la vie à cette dure époque. On retrouve néanmoins ceux des carriers, placés en haut a proximité du ciel. Certains sont remarquables.
La Berangère et Cheverchemont
Les écuries
La Cathedrale...
...Et son wagonnet
L'impressionante structure à ce carrefour baptisé "la Cathédrale" est une pure merveille
L'auberge de l'Hautil
Les restes de rails, benne basculante, et d'un chassis
Voie étroite - Galerie étroite
Galeries innondées
Dans ce secteur de galerie innondées, on remarque la hauteur des piliers inscrite directement sur les murs ainsi que l'espacement entre chaque au ciel.
Port Maron
Cette partie n'est plus du tout accessible, car elle est entourée d'une zone de fontis. Visiblement en très mauvais état on retrouve encore ce qui semblait être une gare avec ses quais, le reste de rails, ainsi qu'un chassis de wagonnet. L'endroit est magique et rappelle à quel point il devait y avoir tout un réseau ferroviaire à cet endroit.
On retrouve encore quelques graffitis de carriers, "Rue Haute", "Rue du Centre", et une belle épure de cheval. Pour contenir les fontis, certains murs de barrages ont été édifiés, ainsi que de nombreux grillages au ciel retenus par boulonnages, certains n'ont pas résistés d'ailleurs.
Plus loin on trouve les seules arches préservées de ce secteur, c'est aussi l'endroit le plus éloigné de la carrière, si l'on continuait ce couloir on devait déboucher au fond de Port Maron.
Port Marron, gauche toute !
Le wagonnet solitaire
Reste de rails courbe
Arches
La gare
l'embranchement
Murs de barrage
Boulonnage
Au niveau de la gare on distingue encore les fils électriques et par endroits des panneaux indiquant "Cables électriques"
L'embranchement de la gare rejoint directement le "wagonnet solitaire"
Compléments de visite